Paris compte fournir un navire de guerre de classe Mistral a la Russie. La decision ne fait pas plaisir aux Roumains, qui s’inquietent des ambitions russes autour de la mer Noire.
On se souvient de tous les efforts deployes en 2008 par Nicolas Sarkozy a la tete de l’Union europeenne (UE) pour trouver une issue au conflit russo-georgien militaire : voyages a Moscou et Tbilissi ; pourparlers directs avec le Premier ministre russe Vladimir Poutine et le president georgien Mikhail Saakachvili ; definition de conditions claires pour mettre un terme a la confrontation militaire ; et creation d’une mission de surveillance de l’UE sur les frontieres des regions separatistes d’Ossetie du Sud et d’Abkhazie.
La Roumanie avait suivi avec beaucoup d’attention l’intervention russe en territoire georgien, qui avait fait du bassin de la mer Noire un pole de tensions. La flotte russe avait alors demontre sa capacite d’attaque contre un autre Etat. Meme si le president Saakachvili avait fait quelques erreurs, celles-ci ne justifiaient en rien le meurtre de civils georgiens innocents. La Russie avait voulu montrer au monde que, pour preserver son influence strategique dans son proche voisinage, elle etait prete a recourir a la force. En Europe orientale, on craint que le meme scenario ne se repete en Transnistrie [region secessionniste de Moldavie, qui s’est autoproclamee republique en 1990, mais n’est reconnue par aucun pays]. Cela aurait des effets devastateurs sur la republique de Moldavie, un espace ou la Roumanie a des interets strategiques.
Voila pourquoi le comportement de la France parait d’autant plus surprenant. Apres avoir vu jusqu’ou pouvait aller la Russie lorsqu’elle perdait la raison, Nicolas Sarkozy a pourtant approuve un important transfert de technologie militaire vers Moscou. Il s’agit du batiment de projection et de commandement de la classe Mistral, dote de capacites d’assaut exceptionnelles. Paris negocie egalement la production d’autres navires sur le chantier naval de Saint-Petersbourg. La vieillissante flotte russe de la mer Noire pourrait ainsi recevoir, d’un pays membre de l’OTAN, une enorme bouffee d’oxygene. C’est un sujet de preoccupation pour tous les pays riverains, dans la mesure ou la decision surprenante et peu inspiree de la France n’a fait l’objet d’aucun debat dans les forums de l’OTAN ou de l’UE. Les navires de la classe Mistral sont de veritables bases militaires flottantes, d’excellentes plates-formes pour mener des assauts amphibies. Ils peuvent accueillir a bord jusqu’a 900 hommes, 16 helicopteres d’attaque et de transport, 40 chars et autres vehicules de transport militaire. Ce n’est quand meme pas rien !
J’espere que lors de sa visite a Bucarest, annoncee pour mars, Nicolas Sarkozy sera mis en garde par Traian Basescu, son homologue roumain, sur les problemes strategiques qu’une telle transaction militaire ne manquera pas de poser.
Et, en parlant de problemes, il semble maintenant plus que necessaire que la France approuve rapidement l’acheminement de systemes de defense antiaerienne de courte et tres courte portee que la Roumanie veut acquerir pour se proteger [depuis des annees, Paris bloque les demarches menees en ce sens par Bucarest aupres du groupe de defense europeen MBDA, filiale entre autres d’EADS]. Enfin… si Nicolas Sarkozy accorde une quelconque valeur a la protection de l’espace aerien allie, notamment a la frontiere orientale de l’Union europeenne !

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FRANCE • Vendre le Mistral contre vents et marees

Paris compte fournir un navire de guerre de classe Mistral a la Russie. La decision ne fait pas plaisir aux Roumains, qui s’inquietent des ambitions russes autour de la mer Noire.
On se souvient de tous les efforts deployes en 2008 par Nicolas Sarkozy a la tete de l’Union europeenne (UE) pour trouver une issue au conflit russo-georgien militaire : voyages a Moscou et Tbilissi ; pourparlers directs avec le Premier ministre russe Vladimir Poutine et le president georgien Mikhail Saakachvili ; definition de conditions claires pour mettre un terme a la confrontation militaire ; et creation d’une mission de surveillance de l’UE sur les frontieres des regions separatistes d’Ossetie du Sud et d’Abkhazie.
La Roumanie avait suivi avec beaucoup d’attention l’intervention russe en territoire georgien, qui avait fait du bassin de la mer Noire un pole de tensions. La flotte russe avait alors demontre sa capacite d’attaque contre un autre Etat. Meme si le president Saakachvili avait fait quelques erreurs, celles-ci ne justifiaient en rien le meurtre de civils georgiens innocents. La Russie avait voulu montrer au monde que, pour preserver son influence strategique dans son proche voisinage, elle etait prete a recourir a la force. En Europe orientale, on craint que le meme scenario ne se repete en Transnistrie [region secessionniste de Moldavie, qui s’est autoproclamee republique en 1990, mais n’est reconnue par aucun pays]. Cela aurait des effets devastateurs sur la republique de Moldavie, un espace ou la Roumanie a des interets strategiques.
Voila pourquoi le comportement de la France parait d’autant plus surprenant. Apres avoir vu jusqu’ou pouvait aller la Russie lorsqu’elle perdait la raison, Nicolas Sarkozy a pourtant approuve un important transfert de technologie militaire vers Moscou. Il s’agit du batiment de projection et de commandement de la classe Mistral, dote de capacites d’assaut exceptionnelles. Paris negocie egalement la production d’autres navires sur le chantier naval de Saint-Petersbourg. La vieillissante flotte russe de la mer Noire pourrait ainsi recevoir, d’un pays membre de l’OTAN, une enorme bouffee d’oxygene. C’est un sujet de preoccupation pour tous les pays riverains, dans la mesure ou la decision surprenante et peu inspiree de la France n’a fait l’objet d’aucun debat dans les forums de l’OTAN ou de l’UE. Les navires de la classe Mistral sont de veritables bases militaires flottantes, d’excellentes plates-formes pour mener des assauts amphibies. Ils peuvent accueillir a bord jusqu’a 900 hommes, 16 helicopteres d’attaque et de transport, 40 chars et autres vehicules de transport militaire. Ce n’est quand meme pas rien !
J’espere que lors de sa visite a Bucarest, annoncee pour mars, Nicolas Sarkozy sera mis en garde par Traian Basescu, son homologue roumain, sur les problemes strategiques qu’une telle transaction militaire ne manquera pas de poser.
Et, en parlant de problemes, il semble maintenant plus que necessaire que la France approuve rapidement l’acheminement de systemes de defense antiaerienne de courte et tres courte portee que la Roumanie veut acquerir pour se proteger [depuis des annees, Paris bloque les demarches menees en ce sens par Bucarest aupres du groupe de defense europeen MBDA, filiale entre autres d’EADS]. Enfin… si Nicolas Sarkozy accorde une quelconque valeur a la protection de l’espace aerien allie, notamment a la frontiere orientale de l’Union europeenne !

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Postat de pe data de 31 dec., 2009 in categoria România în lume. Poti urmari comentariile acestui articol prin RSS 2.0. Acest articol a fost vizualizat de 78 ori.

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