La memoire enfouie du village sort lentement de l’oubli

En l’espace de deux ans, Victor Antonetti a collecte plus de 500 photographies anciennes et retrace l’histoire des habitants de son village de Piedicorte-di-Gaggio.

Des femmes reunies autour du lavoir. Des familles, des ecoliers et des equipes de football prenant la pose pour la posterite. Un autocar sans age. Une fontaine, une maison ou une eglise taillees dans la pierre du souvenir.

Avec curiosite et minutie, sur chacun des cliches en noir et blanc, Victor Antonetti contemple les visages, observe les vetements et les attitudes, scrute les moindres details du decor ou du paysage. Et revit, a travers eux, tout un passe a jamais revolu.

En deux annees d’une inlassable quete, l’enfant de Piedicorte-di-Gaggio, aujourd’hui retraite de l’Education nationale, a rassemble plusieurs centaines de photographies anciennes, comme autant de morceaux d’une memoire collective longtemps eparpillee et peu a peu enfouie dans l’oubli.

Une memoire qui sort donc lentement de son sommeil, reveillee par ces images presque irreelles qui appellent tour a tour le recit, l’anecdote ou la confidence. Mais que l’on regarde le plus souvent les yeux embues par l’emotion…

Tous ces temoignages venus des siecles passes, l’adjoint au maire du village les recueille tels de precieux vestiges, traces d’un heritage ancestral a transmettre aux nouvelles generations. « Le sens de cette demarche n’est pas fige dans la nostalgie ou l’idee que „c’etait mieux avant”, explique-t-il ainsi. Il s’agit au contraire de derouler le fil des evolutions pour en parler aux plus jeunes, mais aussi pour delivrer un message de solidarite et de convivialite, des valeurs qui ont reellement faconne notre identite commune de villageois. »

Victor Antonetti se souvient par exemple de ce fugone emblematique d’une vie partagee, il n’y a pas si longtemps encore, au rythme des saisons, des recoltes et des traditions. Soigneusement classees de maniere thematique, les photographies racontent ces scenes quotidiennes ou exceptionnelles, montrent les travailleurs dans les vignes et les oliveraies, les bergers en transhumance, les fileuses a l’ouvrage, et disent la ferveur religieuse des processions comme la franche gaiete des bals et des representations theatrales.

Un monde a la fois proche et lointain qui rappelle aussi la fragilite des coutumes et des liens, a travers la desertification progressive des lieux et l’ineluctable disparition des activites. Comment imaginer, en effet, que le village comptait pas moins de cinq epiceries jusque dans les annees 1970 ? Parti a la recherche de ce temps perdu, l’ancien proviseur est donc parvenu a lui rendre un peu de son ame. Tout en sachant que ce voyage par-dela les epoques ne sera jamais tout a fait acheve…

Une premiere exposition realisee durant l’ete 2008 avait permis de reveler les premisses de ce travail, qui devrait prochainement etre edite avec le concours de l’association L’Oiseau plume.

Toutes les personnes qui souhaitent apporter leurs photographies ou leurs temoignages sont priees de contacter Victor Antonetti.

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Postat de pe data de 31 dec., 2009 in categoria România în lume. Poti urmari comentariile acestui articol prin RSS 2.0. Acest articol a fost vizualizat de 1,168 ori.

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