En déclarant unilatéralement son indépendance il y a deux ans et demi, l’ancienne province serbe à majorité albanaise du Kosovo «n’a violé aucune règle applicable du droit international». Voilà, c’est dit. Et par la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance juridique des Nations unies. Son président, Hisashi Owada, a précisé, hier après-midi, que «la Cour a conclu que l’adoption de la déclaration d’indépendance du 17 février 2008 n’a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel».
L’avis, rendu à La Haye, n’a beau être que consultatif, il est d’une grande portée diplomatique: pour la première fois, en effet, le droit international, exprimé par la CIJ, reconnaît la sécession d’une ancienne province d’un État membre de l’ONU. La Serbie, la partie plaignante dans cette affaire, soutenue principalement par son grand frère slave, la Russie, n’a eu de cesse, ces dernières années, de dénoncer le «défi» lancé par le Kosovo à l’ordre juridique international fondé sur le principe de la souveraineté des États.
La Russie s’était servie du mauvais exemple que représentait à ses yeux le Kosovo pour justifier l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, deux provinces de la Géorgie qu’elle aura aidée par les armes à s’émanciper de Tbilissi. Bien que le parallèle soit osé, et qu’Abkhazie et Ossétie du Sud n’aient guère été reconnues que par leur puissance tutélaire, la Russie a agité le chiffon rouge kosovar pour expliquer que, demain, il viendrait à l’idée de telle ou ­telle province, en Europe ou ailleurs, de quitter sa mère patrie.
La Russie regarde vers plusieurs de ses républiques caucasiennes, à commencer par la Tchétchénie. La Chine pense au Tibet et au Xinjiang. L’Espagne songe au Pays basque et à la Catalogne. Pour des raisons plus ou moins officielles, nombre de pays, dont cinq appartenant à l’Union européenne Espagne, Slovaquie, Roumanie, Grèce et Chypre n’ont pas à ce jour reconnu l’indépendance du Kosovo, en revanche célébrée par 69 des 192 nations représentées à l’ONU, dont les États-Unis et les pays fondateurs de l’Europe.
Après la décision de la CIJ, la liste des parrains d’un Kosovo indépendant devrait rapidement s’allonger. «Le moment est venu pour l’Europe de s’unir pour un avenir commun», déclarait hier Philip Crowley, le porte-parole du département d’État américain. Washington, qui a mis fin par les bombardements de l’Otan sur la Serbie à la guerre dans l’ex-Yougoslavie, continue de veiller sur le Kosovo. C’est d’ailleurs aux États-Unis que le premier ministre kosovar, Hashim Thaci, qui y a rencontré le vice-président Joe Biden, a souhaité attendre la décision de la CIJ de La Haye…
L’enclave serbe de Mitrovica
Demeuré à Pristina, le président Sejdiu s’est chargé de qualifier la journée d’hier de «journée bénie pour la République du Kosovo et tous ses citoyens». Un sentiment que ne peuvent partager les quelque 120.000 Serbes qui, dans le nord du pays, vivent reclus à Mitrovica et alentour, face à 2 millions de Kosovars d’origine albanaise. Cette enclave est portée à bout de bras par la Serbie voisine, dont le président, Boris Tadic, a encore réaffirmé hier que son pays ne reconnaîtra «jamais» l’indépendance du Kosovo. «Des jours difficiles sont devant nous, de grands défis», a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, sans que l’on puisse déduire de tels propos l’attitude qui sera maintenant celle de la Serbie. Belgrade, qui va être de plus en plus isolée sur la question du Kosovo au sein d’une Union européenne à laquelle elle veut adhérer, va-t-elle s’engager sur la voie du compromis ou chercher à maintenir, contre tous ses voisins, sa position historique?
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» Kosovo: l’Abkhazie se sent justifiée
» La double vie du Kosovo
» Les Serbes du Kosovo rêvent d’un avenir avec Belgrade

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L’indépendance du Kosovo confortée par La Haye

En déclarant unilatéralement son indépendance il y a deux ans et demi, l’ancienne province serbe à majorité albanaise du Kosovo «n’a violé aucune règle applicable du droit international». Voilà, c’est dit. Et par la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance juridique des Nations unies. Son président, Hisashi Owada, a précisé, hier après-midi, que «la Cour a conclu que l’adoption de la déclaration d’indépendance du 17 février 2008 n’a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel».
L’avis, rendu à La Haye, n’a beau être que consultatif, il est d’une grande portée diplomatique: pour la première fois, en effet, le droit international, exprimé par la CIJ, reconnaît la sécession d’une ancienne province d’un État membre de l’ONU. La Serbie, la partie plaignante dans cette affaire, soutenue principalement par son grand frère slave, la Russie, n’a eu de cesse, ces dernières années, de dénoncer le «défi» lancé par le Kosovo à l’ordre juridique international fondé sur le principe de la souveraineté des États.
La Russie s’était servie du mauvais exemple que représentait à ses yeux le Kosovo pour justifier l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, deux provinces de la Géorgie qu’elle aura aidée par les armes à s’émanciper de Tbilissi. Bien que le parallèle soit osé, et qu’Abkhazie et Ossétie du Sud n’aient guère été reconnues que par leur puissance tutélaire, la Russie a agité le chiffon rouge kosovar pour expliquer que, demain, il viendrait à l’idée de telle ou ­telle province, en Europe ou ailleurs, de quitter sa mère patrie.
La Russie regarde vers plusieurs de ses républiques caucasiennes, à commencer par la Tchétchénie. La Chine pense au Tibet et au Xinjiang. L’Espagne songe au Pays basque et à la Catalogne. Pour des raisons plus ou moins officielles, nombre de pays, dont cinq appartenant à l’Union européenne Espagne, Slovaquie, Roumanie, Grèce et Chypre n’ont pas à ce jour reconnu l’indépendance du Kosovo, en revanche célébrée par 69 des 192 nations représentées à l’ONU, dont les États-Unis et les pays fondateurs de l’Europe.
Après la décision de la CIJ, la liste des parrains d’un Kosovo indépendant devrait rapidement s’allonger. «Le moment est venu pour l’Europe de s’unir pour un avenir commun», déclarait hier Philip Crowley, le porte-parole du département d’État américain. Washington, qui a mis fin par les bombardements de l’Otan sur la Serbie à la guerre dans l’ex-Yougoslavie, continue de veiller sur le Kosovo. C’est d’ailleurs aux États-Unis que le premier ministre kosovar, Hashim Thaci, qui y a rencontré le vice-président Joe Biden, a souhaité attendre la décision de la CIJ de La Haye…
L’enclave serbe de Mitrovica
Demeuré à Pristina, le président Sejdiu s’est chargé de qualifier la journée d’hier de «journée bénie pour la République du Kosovo et tous ses citoyens». Un sentiment que ne peuvent partager les quelque 120.000 Serbes qui, dans le nord du pays, vivent reclus à Mitrovica et alentour, face à 2 millions de Kosovars d’origine albanaise. Cette enclave est portée à bout de bras par la Serbie voisine, dont le président, Boris Tadic, a encore réaffirmé hier que son pays ne reconnaîtra «jamais» l’indépendance du Kosovo. «Des jours difficiles sont devant nous, de grands défis», a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, sans que l’on puisse déduire de tels propos l’attitude qui sera maintenant celle de la Serbie. Belgrade, qui va être de plus en plus isolée sur la question du Kosovo au sein d’une Union européenne à laquelle elle veut adhérer, va-t-elle s’engager sur la voie du compromis ou chercher à maintenir, contre tous ses voisins, sa position historique?
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» Kosovo: l’Abkhazie se sent justifiée
» La double vie du Kosovo
» Les Serbes du Kosovo rêvent d’un avenir avec Belgrade

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Postat de pe data de 23 iul., 2010 in categoria România în lume. Poti urmari comentariile acestui articol prin RSS 2.0. Acest articol a fost vizualizat de 137 ori.

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