Moscou a tiré en premier. Lundi 16 août, le FSB, service de sécurité russe, a annoncé „avoir interpellé à Moscou, en flagrant délit alors qu’il tentait d’obtenir des informations militaires secrètes d’un citoyen russe, un membre des services de renseignement roumains, Gabriel Grecu, qui travaillait sous couverture en qualité de premier secrétaire” à l’ambassade de son pays.
La Russie avait alors donné quarante-huit heures au diplomate pour quitter le pays. En réponse, la Roumanie avait dénoncé une „une violation grave” par la Russie de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui prévoit que les diplomates ne peuvent être ni interpellés ni détenus.
Le lendemain, mardi, Bucarest a répliqué en déclarant un diplomate russe persona non grata qu’elle a sommé de quitter le pays dans les quarante-huit heures. „Le ministère roumain des affaires étrangères a pris note avec regret du fait que le ministère russe des affaires étrangères a déclaré le premier secrétaire de l’ambassade de Roumanie à Moscou persona non grata”, indiquait un communiqué du ministère roumain.
„ÉTABLIR UNE RELATION PRAGMATIQUE”
„Face à cette situation, le ministère des affaires étrangères a transmis aux autorités russes sa décision de déclarer persona non grata un diplomate de l’ambassade de Russie à Bucarest ayant un rang diplomatique équivalent”, ajoute ce communiqué. Le ministère a refusé de donner davantage de précisions sur le diplomate russe concerné.
En réalité, les relations diplomatiques entre Moscou et Bucarest – aujourd’hui membre de l’OTAN – sont tendues depuis que la Roumanie a décidé d’accueillir sur son territoire des éléments du nouveau bouclier antimissile américain en Europe. En février, Moscou avait souligné avoir des „questions sérieuses concernant l’objectif réel du système antimissile américain” et reproché à Washington et à Bucarest un manque de transparence sur ce sujet. Les autorités roumaines avaient cependant assuré la Russie à plusieurs reprises que ce système „était strictement défensif”.
„L’épisode actuel n’est qu’un événement dans le cadre d’une relation bilatérale qui malheureusement n’a pas évolué comme certains d’entre nous l’auraient voulu […] et qui n’est pas dans un état satisfaisant”, a déclaré le président de la commission pour la sécurité nationale du Sénat roumain, Teodor Melescanu (Parti libéral, opposition). „Nous devons, avec sérieux, établir une relation pragmatique” avec la Russie, a-t-il ajouté, tout en affirmant ne pas croire en la culpabilité du diplomate roumain accusé d’espionnage.

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Bataille diplomatique entre la Roumanie et la Russie

Moscou a tiré en premier. Lundi 16 août, le FSB, service de sécurité russe, a annoncé „avoir interpellé à Moscou, en flagrant délit alors qu’il tentait d’obtenir des informations militaires secrètes d’un citoyen russe, un membre des services de renseignement roumains, Gabriel Grecu, qui travaillait sous couverture en qualité de premier secrétaire” à l’ambassade de son pays.
La Russie avait alors donné quarante-huit heures au diplomate pour quitter le pays. En réponse, la Roumanie avait dénoncé une „une violation grave” par la Russie de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui prévoit que les diplomates ne peuvent être ni interpellés ni détenus.
Le lendemain, mardi, Bucarest a répliqué en déclarant un diplomate russe persona non grata qu’elle a sommé de quitter le pays dans les quarante-huit heures. „Le ministère roumain des affaires étrangères a pris note avec regret du fait que le ministère russe des affaires étrangères a déclaré le premier secrétaire de l’ambassade de Roumanie à Moscou persona non grata”, indiquait un communiqué du ministère roumain.
„ÉTABLIR UNE RELATION PRAGMATIQUE”
„Face à cette situation, le ministère des affaires étrangères a transmis aux autorités russes sa décision de déclarer persona non grata un diplomate de l’ambassade de Russie à Bucarest ayant un rang diplomatique équivalent”, ajoute ce communiqué. Le ministère a refusé de donner davantage de précisions sur le diplomate russe concerné.
En réalité, les relations diplomatiques entre Moscou et Bucarest – aujourd’hui membre de l’OTAN – sont tendues depuis que la Roumanie a décidé d’accueillir sur son territoire des éléments du nouveau bouclier antimissile américain en Europe. En février, Moscou avait souligné avoir des „questions sérieuses concernant l’objectif réel du système antimissile américain” et reproché à Washington et à Bucarest un manque de transparence sur ce sujet. Les autorités roumaines avaient cependant assuré la Russie à plusieurs reprises que ce système „était strictement défensif”.
„L’épisode actuel n’est qu’un événement dans le cadre d’une relation bilatérale qui malheureusement n’a pas évolué comme certains d’entre nous l’auraient voulu […] et qui n’est pas dans un état satisfaisant”, a déclaré le président de la commission pour la sécurité nationale du Sénat roumain, Teodor Melescanu (Parti libéral, opposition). „Nous devons, avec sérieux, établir une relation pragmatique” avec la Russie, a-t-il ajouté, tout en affirmant ne pas croire en la culpabilité du diplomate roumain accusé d’espionnage.

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Postat de pe data de 18 aug., 2010 in categoria România în lume. Poti urmari comentariile acestui articol prin RSS 2.0. Acest articol a fost vizualizat de 141 ori.

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