La visite, ce jeudi à Bucarest, du ministre de l’Immigration Éric Besson et du secrétaire d’État aux Affaires européennes Pierre Lellouche aura du moins permis de décrisper les relations bilatérales. Depuis plus d’un mois, le casse-tête des Roms a échauffé les esprits. La Roumanie conteste l’ampleur de la menace sécuritaire invoquée par le gouvernement français pour justifier les renvois de ressortissants roumains d’origine rom. La France, de son côté, reproche aux autorités roumaines de se défausser de leurs responsabilités en arguant que «la problématique rom» relève désormais de l’Union européenne.
Un «plan national d’urgence»
À vrai dire, les positions des deux parties n’ont, sur le fond, guère évolué. La coopération fonctionne en ce qui concerne le volet sécuritaire. La présence de policiers roumains en France -bientôt au nombre de quatorze et assistés d’un magistrat- a été renforcée pour aider à démanteler les réseaux criminels qui encadrent une partie de la communauté rom, tout particulièrement les mineurs. En revanche, la feuille de route visant à favoriser l’insertion sociale des Roms dans leur pays d’origine était jusqu’ici au point mort.
Paris et Bucarest veulent néanmoins calmer le jeu, «mettre fin aux polémiques stériles». La France est le quatrième partenaire commercial de la Roumanie et l’un des premiers investisseurs étrangers. Le tropisme américain du président roumain, Traian Basescu, l’a conduit à acheter des F16, mais Areva ne désespère pas de lui vendre une centrale nucléaire. La visite des deux ministres français, qui plaidaient pour un «plan national d’urgence» en faveur des Roms, a donc abouti à un accord de principe arraché au forceps. La Roumanie dispose de 20 milliards d’euros au titre des divers fonds européens qui lui ont été accordés pour la période 2007-2013. La Commission européenne a également mis en place des programmes de soutien aux quelque 10 millions de Roms d’Europe pour un budget de 17,5 milliards d’euros. «Mais pour activer ces crédits, la Roumanie doit proposer un programme d’action», a souligné Pierre Lellouche. Paris, qui se dit prêt à accorder une assistance technique, attend donc maintenant des objectifs chiffrés en nombre de personnes, d’écoles, de logements, de formations professionnelles…
Reste à savoir si Bucarest tiendra ses engagements. La Roumanie a utilisé jusqu’ici 85 millions d’euros pour financer 26 projets d’intégration. C’est peu, remarque-t-on côté français, au regard de la manne qui lui a été allouée. La commissaire européenne chargée du dossier, Viviane Reding, a reconnu elle-même que, bien que «l’argent soit disponible, il n’est pas utilisé pour résoudre le problème».
Le chef de la diplomatie roumaine, Teodor Baconschi, jure que son gouvernement va «honnêtement coopérer», mais il persiste à donner aux Roms de Roumanie l’étiquette de «minorité transnationale» et à défendre le principe de libre circulation. À la veille de la visite des deux ministres français, le président Basescu a fait preuve de la même ambiguïté, accusant la France de ne pas respecter les règles européennes, mais admettant aussi que les Roms sont des ressortissants roumains et que la Roumanie avait «une responsabilité majeure». Éric Besson et Pierre Lellouche veulent y voir un petit pas en avant. En cas de désillusion, Paris compte sur la clause de sauvegarde mise en place par l’UE pour faire pression sur Bucarest. Au grand dam des autorités roumaines qui réclament chaque année sa suppression, ce mécanisme dit de «coopération et de vérification» devrait être reconduit dès lundi à Bruxelles. Il conditionne, entre autres choses, l’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen, prévu en 2011.
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Roms : Paris et Bucarest veulent calmer le jeu

La visite, ce jeudi à Bucarest, du ministre de l’Immigration Éric Besson et du secrétaire d’État aux Affaires européennes Pierre Lellouche aura du moins permis de décrisper les relations bilatérales. Depuis plus d’un mois, le casse-tête des Roms a échauffé les esprits. La Roumanie conteste l’ampleur de la menace sécuritaire invoquée par le gouvernement français pour justifier les renvois de ressortissants roumains d’origine rom. La France, de son côté, reproche aux autorités roumaines de se défausser de leurs responsabilités en arguant que «la problématique rom» relève désormais de l’Union européenne.
Un «plan national d’urgence»
À vrai dire, les positions des deux parties n’ont, sur le fond, guère évolué. La coopération fonctionne en ce qui concerne le volet sécuritaire. La présence de policiers roumains en France -bientôt au nombre de quatorze et assistés d’un magistrat- a été renforcée pour aider à démanteler les réseaux criminels qui encadrent une partie de la communauté rom, tout particulièrement les mineurs. En revanche, la feuille de route visant à favoriser l’insertion sociale des Roms dans leur pays d’origine était jusqu’ici au point mort.
Paris et Bucarest veulent néanmoins calmer le jeu, «mettre fin aux polémiques stériles». La France est le quatrième partenaire commercial de la Roumanie et l’un des premiers investisseurs étrangers. Le tropisme américain du président roumain, Traian Basescu, l’a conduit à acheter des F16, mais Areva ne désespère pas de lui vendre une centrale nucléaire. La visite des deux ministres français, qui plaidaient pour un «plan national d’urgence» en faveur des Roms, a donc abouti à un accord de principe arraché au forceps. La Roumanie dispose de 20 milliards d’euros au titre des divers fonds européens qui lui ont été accordés pour la période 2007-2013. La Commission européenne a également mis en place des programmes de soutien aux quelque 10 millions de Roms d’Europe pour un budget de 17,5 milliards d’euros. «Mais pour activer ces crédits, la Roumanie doit proposer un programme d’action», a souligné Pierre Lellouche. Paris, qui se dit prêt à accorder une assistance technique, attend donc maintenant des objectifs chiffrés en nombre de personnes, d’écoles, de logements, de formations professionnelles…
Reste à savoir si Bucarest tiendra ses engagements. La Roumanie a utilisé jusqu’ici 85 millions d’euros pour financer 26 projets d’intégration. C’est peu, remarque-t-on côté français, au regard de la manne qui lui a été allouée. La commissaire européenne chargée du dossier, Viviane Reding, a reconnu elle-même que, bien que «l’argent soit disponible, il n’est pas utilisé pour résoudre le problème».
Le chef de la diplomatie roumaine, Teodor Baconschi, jure que son gouvernement va «honnêtement coopérer», mais il persiste à donner aux Roms de Roumanie l’étiquette de «minorité transnationale» et à défendre le principe de libre circulation. À la veille de la visite des deux ministres français, le président Basescu a fait preuve de la même ambiguïté, accusant la France de ne pas respecter les règles européennes, mais admettant aussi que les Roms sont des ressortissants roumains et que la Roumanie avait «une responsabilité majeure». Éric Besson et Pierre Lellouche veulent y voir un petit pas en avant. En cas de désillusion, Paris compte sur la clause de sauvegarde mise en place par l’UE pour faire pression sur Bucarest. Au grand dam des autorités roumaines qui réclament chaque année sa suppression, ce mécanisme dit de «coopération et de vérification» devrait être reconduit dès lundi à Bruxelles. Il conditionne, entre autres choses, l’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen, prévu en 2011.
LIRE AUSSI :
» Le Parlement européen exige l’arrêt des expulsions de Roms
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Postat de pe data de 10 sept., 2010 in categoria România în lume. Poti urmari comentariile acestui articol prin RSS 2.0. Acest articol a fost vizualizat de 469 ori.

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