A la maniere d’un photographe, Pierre Echevin circule dans les bals, les bandes, et croque les masquelours, les situations cocasses. DESSIN PIERRE ECHEVIN

23 janvier, 1 heure tapante. Dans la grande salle du Kursaal, le bal bat son plein. Pres de 9 000 masquelours viennent d’en finir avec le premier chahut de la saison. La temperature est montee d’un cran, les vapeurs d’alcool embrument peu a peu les esprits. Le carnaval, c’est physique ! Mais la Croix-Rouge est la, prete a intervenir au moindre coup de fatigue.

Ils se font discrets. Leur presence est neanmoins indispensable. Lorsque le carnaval pointe le bout de son plumeau, c’est toute la delegation dunkerquoise de la Croix-Rouge, qui est sur le qui vive. A chaque bal, c’est la meme rengaine : 9 000 masques plonges dans une ambiance ultra festive. Atmosphere confinee, alcool en veux-tu en voila : un terrain propice au malaise, au coup de fatigue.

Ce soir-la, dans une salle retiree, 20 secouristes de la Croix-Rouge s’activent autour des premiers qui ont declare forfait. Une dizaine de carnavaleux, le maquillage et la coiffure en vrac, s’offrent une petite remise en forme, avant de reprendre un bain de foule. « Pour le moment, c’est tranquille », assure Jerome Haller, benevole depuis six ans et responsable local de la communication. Difficile a croire, derriere lui, une rangee de masquelours, la tete enfouie dans des sacs, qui peinent a garder l’equilibre… sur leur chaise. « Ce n’est pas vraiment un probleme d’alcoolemie, mais plutot un coup de chaleur. » Rien d’inquietant, donc. D’ailleurs, ceux-ci ne devraient pas rester tres longtemps sur le poste de secours. « Il faut un turn-over, pour pouvoir accueillir les cas les plus graves », sans que tout le systeme soit perturbe. Alors, des qu’un fetard est pris en charge par la Croix-Rouge, « on dresse un premier bilan, et on estime combien de temps il va rester sur place. » Pour que la soiree se deroule sans trop d’accrocs, la delegation met le paquet, comme tous les ans. Sur le poste de secours, 20 benevoles. Et dans la salle, quatre autres, qui circulent au milieu des carnavaleux, prets a intervenir a tout moment. « Les pompiers aussi nous ramenent des gens. » Sur l’un des murs de l’infirmerie improvisee, une carte du Kursaal, avec la position des secouristes, en temps reel. « Nous sommes relies par radio avec la securite. Il faut etre reactif, ce n’est pas toujours evident d’intervenir au milieu de 9 000 carnavaleux. » Pour chapeauter le tout, deux chefs d’intervention et un chef de dispositif, qui donnent la marche a suivre, « quand l’etat de la personne est juge grave. Si c’est pire encore, on demande un bilan aux sapeurs-pompiers ».

C’est ca la Croix-Rouge : une organisation sans faille qui a fait ses preuves. « Quand ils nous voient, les carnavaleux nous disent : “Ah, vous etes la, ca va bien se passer”. On en recroise meme certains sur d’autres bals qui nous disent “merci”. Nous sommes reconnus. » Par consequent, ce sont eux qui gerent « les plus grosses bandes ». La preuve, cette annee, les benevoles seront presents pendant les Trois-Joyeuses. « Une telle manifestation demande une logistique impressionnante », souligne Jerome Haller. Pendant cinq jours, des secouristes de Saint-Malo, de Reims, vont venir preter main forte a la delegation locale. « Ils seront heberges dans un centre specialement cree pour l’occasion, dans l’une des salles de sports de la ville. » Le carnaval de Dunkerque demande des moyens consequents. « Derriere, il faut pouvoir recruter. Nous ne sommes pas la pour faire du business, mais pour aider les gens. C’est avant tout une histoire de coeur. » L’entretien n’a dure qu’une heure, mais deja, les carnavaleux affluent au poste de secours. « On sent la pression qui monte, le turn-over va se resserrer. » Jerome et les benevoles vont assurer jusqu’au petit matin et carburer au cafe. Quand on est benevole a la Croix-Rouge, le coup de fatigue, lui, n’est pas permis.

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Les secouristes de la Croix-Rougeprennent soin des carnavaleux

A la maniere d’un photographe, Pierre Echevin circule dans les bals, les bandes, et croque les masquelours, les situations cocasses. DESSIN PIERRE ECHEVIN

23 janvier, 1 heure tapante. Dans la grande salle du Kursaal, le bal bat son plein. Pres de 9 000 masquelours viennent d’en finir avec le premier chahut de la saison. La temperature est montee d’un cran, les vapeurs d’alcool embrument peu a peu les esprits. Le carnaval, c’est physique ! Mais la Croix-Rouge est la, prete a intervenir au moindre coup de fatigue.

Ils se font discrets. Leur presence est neanmoins indispensable. Lorsque le carnaval pointe le bout de son plumeau, c’est toute la delegation dunkerquoise de la Croix-Rouge, qui est sur le qui vive. A chaque bal, c’est la meme rengaine : 9 000 masques plonges dans une ambiance ultra festive. Atmosphere confinee, alcool en veux-tu en voila : un terrain propice au malaise, au coup de fatigue.

Ce soir-la, dans une salle retiree, 20 secouristes de la Croix-Rouge s’activent autour des premiers qui ont declare forfait. Une dizaine de carnavaleux, le maquillage et la coiffure en vrac, s’offrent une petite remise en forme, avant de reprendre un bain de foule. « Pour le moment, c’est tranquille », assure Jerome Haller, benevole depuis six ans et responsable local de la communication. Difficile a croire, derriere lui, une rangee de masquelours, la tete enfouie dans des sacs, qui peinent a garder l’equilibre… sur leur chaise. « Ce n’est pas vraiment un probleme d’alcoolemie, mais plutot un coup de chaleur. » Rien d’inquietant, donc. D’ailleurs, ceux-ci ne devraient pas rester tres longtemps sur le poste de secours. « Il faut un turn-over, pour pouvoir accueillir les cas les plus graves », sans que tout le systeme soit perturbe. Alors, des qu’un fetard est pris en charge par la Croix-Rouge, « on dresse un premier bilan, et on estime combien de temps il va rester sur place. » Pour que la soiree se deroule sans trop d’accrocs, la delegation met le paquet, comme tous les ans. Sur le poste de secours, 20 benevoles. Et dans la salle, quatre autres, qui circulent au milieu des carnavaleux, prets a intervenir a tout moment. « Les pompiers aussi nous ramenent des gens. » Sur l’un des murs de l’infirmerie improvisee, une carte du Kursaal, avec la position des secouristes, en temps reel. « Nous sommes relies par radio avec la securite. Il faut etre reactif, ce n’est pas toujours evident d’intervenir au milieu de 9 000 carnavaleux. » Pour chapeauter le tout, deux chefs d’intervention et un chef de dispositif, qui donnent la marche a suivre, « quand l’etat de la personne est juge grave. Si c’est pire encore, on demande un bilan aux sapeurs-pompiers ».

C’est ca la Croix-Rouge : une organisation sans faille qui a fait ses preuves. « Quand ils nous voient, les carnavaleux nous disent : “Ah, vous etes la, ca va bien se passer”. On en recroise meme certains sur d’autres bals qui nous disent “merci”. Nous sommes reconnus. » Par consequent, ce sont eux qui gerent « les plus grosses bandes ». La preuve, cette annee, les benevoles seront presents pendant les Trois-Joyeuses. « Une telle manifestation demande une logistique impressionnante », souligne Jerome Haller. Pendant cinq jours, des secouristes de Saint-Malo, de Reims, vont venir preter main forte a la delegation locale. « Ils seront heberges dans un centre specialement cree pour l’occasion, dans l’une des salles de sports de la ville. » Le carnaval de Dunkerque demande des moyens consequents. « Derriere, il faut pouvoir recruter. Nous ne sommes pas la pour faire du business, mais pour aider les gens. C’est avant tout une histoire de coeur. » L’entretien n’a dure qu’une heure, mais deja, les carnavaleux affluent au poste de secours. « On sent la pression qui monte, le turn-over va se resserrer. » Jerome et les benevoles vont assurer jusqu’au petit matin et carburer au cafe. Quand on est benevole a la Croix-Rouge, le coup de fatigue, lui, n’est pas permis.

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Postat de pe data de 31 ian., 2010 in categoria România în lume. Poti urmari comentariile acestui articol prin RSS 2.0. Acest articol a fost vizualizat de 160 ori.

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