BRUXELLES – Une majorite d’Etats europeens emmenes par la France ont exprime lundi leur inquietude quant aux risques que fait peser sur leur agriculture la relance de negociations en vue d’un accord commercial entre l’UE et le Mercosur, qui devait etre officialisee a Madrid.
AFP/Georges Gobet
Les ministres de l’Agriculture francais Bruno Le Maire et neerlandais Gerda Verburg, le 17 mai 2010 a Bruxelles.
Alors que les dirigeants des pays du Mercosur (Argentine, Bresil, Uruguay et Paraguay) devaient consacrer lundi apres-midi la reprise des pourparlers apres six ans de suspension lors d’un sommet avec l’Union europeenne, les ministres europeens de l’Agriculture ont vivement debattu de la question quelques heures plus tot lors d’une reunion a Bruxelles.
Particulierement remonte, le ministre francais Bruno Le Maire a rappele que la France etait “opposee” a ces pourparlers “qui se traduiront necessairement par de nouvelles concessions au detriment des agriculteurs francais et europeens”.
“Je ne vois pas pourquoi l’agriculture serait toujours la variable d’ajustement des negociations commerciales en Europe”, a-t-il deplore a son arrivee a Bruxelles.
La France a reuni autour d’elle neuf Etats pour soutenir un texte critiquant l’initiative et jugeant “inacceptable” d’envisager de nouvelles concessions agricoles apres celles offertes par la Commission europeenne en 2008 dans le cadre des pourparlers de l’OMC du cycle de Doha, qui constituent deja “une limite ultime” pour les agriculteurs europeens.
Les Irlandais redoutent en particulier une concurrence accrue sur le segment du boeuf de haute qualite, et le ministre polonais a insiste sur les menaces que fait peser l’accord sur les volailles et le porc, a indique une source diplomatique. L’Autriche, la Roumanie, mais aussi Chypre, la Finlande, la Grece, la Hongrie et le Luxembourg sont aussi sur la ligne francaise.
AFP/Infographie
Echanges entre l’UE et l’Amerique latine
Mais d’autres pays, comme la Belgique, la Lituanie, l’Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovenie, ont egalement exprime leur preoccupation, selon un diplomate europeen.
La ministre espagnole Elena Espinosa, dont le pays preside l’UE, a au contraire defendu la reprise de ces negociations “tres importantes” avec l’organisation economique sud-americaine.
Favorables a des negociations, l’Allemagne ou les Pays-Bas ont insiste sur la necessite de le faire “d’egal a egal, de facon equilibree”.
Pour la nouvelle ministre britannique Caroline Spelman a elle aussi estime qu’un accord avec cet important partenaire commercial du Royaume-Uni pourrait etre interessant, a condition de “faire attention” a ses consequences sur le secteur de la viande.
Le commissaire a l’Agriculture Dacian Ciolos a defendu le choix de l’executif europeen, qui correspond a “l’interet economique de l’UE”.
De fait, selon un haut fonctionnaire europeen, ce dossier “est de loin le projet d’accord commercial le plus important de l’UE en Amerique latine”. Qui plus est, le Mercosur “est un bloc relativement protege, avec des tarifs douaniers eleves, qui n’a aucun accord commercial preferentiel avec d’autres partenaires”.
Le probleme est effectivement qu’il compte “parmi les producteurs agricoles les plus competitifs de la planete, specialises dans les memes produits que l’UE”, reconnait ce haut fonctionnaire.
En revanche, il representerait des debouches importants pour le secteur automobile europeen, les pieces detachees, les produits chimiques, fait-on valoir a la Commission.
En tout etat de cause, Dacian Ciolos a promis de se montrer “tres vigilant” sur l’impact economique et social sur les filieres agricoles europeennes d’un eventuel accord.
“Si consequences il y a, il faudra etre presents pour aider et soutenir” les filieres concernees, a promis le commissaire Ciolos.

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Les negociations avec le Mercosur inquietent une majorite d’Etats europeens

BRUXELLES – Une majorite d’Etats europeens emmenes par la France ont exprime lundi leur inquietude quant aux risques que fait peser sur leur agriculture la relance de negociations en vue d’un accord commercial entre l’UE et le Mercosur, qui devait etre officialisee a Madrid.
AFP/Georges Gobet
Les ministres de l’Agriculture francais Bruno Le Maire et neerlandais Gerda Verburg, le 17 mai 2010 a Bruxelles.
Alors que les dirigeants des pays du Mercosur (Argentine, Bresil, Uruguay et Paraguay) devaient consacrer lundi apres-midi la reprise des pourparlers apres six ans de suspension lors d’un sommet avec l’Union europeenne, les ministres europeens de l’Agriculture ont vivement debattu de la question quelques heures plus tot lors d’une reunion a Bruxelles.
Particulierement remonte, le ministre francais Bruno Le Maire a rappele que la France etait “opposee” a ces pourparlers “qui se traduiront necessairement par de nouvelles concessions au detriment des agriculteurs francais et europeens”.
“Je ne vois pas pourquoi l’agriculture serait toujours la variable d’ajustement des negociations commerciales en Europe”, a-t-il deplore a son arrivee a Bruxelles.
La France a reuni autour d’elle neuf Etats pour soutenir un texte critiquant l’initiative et jugeant “inacceptable” d’envisager de nouvelles concessions agricoles apres celles offertes par la Commission europeenne en 2008 dans le cadre des pourparlers de l’OMC du cycle de Doha, qui constituent deja “une limite ultime” pour les agriculteurs europeens.
Les Irlandais redoutent en particulier une concurrence accrue sur le segment du boeuf de haute qualite, et le ministre polonais a insiste sur les menaces que fait peser l’accord sur les volailles et le porc, a indique une source diplomatique. L’Autriche, la Roumanie, mais aussi Chypre, la Finlande, la Grece, la Hongrie et le Luxembourg sont aussi sur la ligne francaise.
AFP/Infographie
Echanges entre l’UE et l’Amerique latine
Mais d’autres pays, comme la Belgique, la Lituanie, l’Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovenie, ont egalement exprime leur preoccupation, selon un diplomate europeen.
La ministre espagnole Elena Espinosa, dont le pays preside l’UE, a au contraire defendu la reprise de ces negociations “tres importantes” avec l’organisation economique sud-americaine.
Favorables a des negociations, l’Allemagne ou les Pays-Bas ont insiste sur la necessite de le faire “d’egal a egal, de facon equilibree”.
Pour la nouvelle ministre britannique Caroline Spelman a elle aussi estime qu’un accord avec cet important partenaire commercial du Royaume-Uni pourrait etre interessant, a condition de “faire attention” a ses consequences sur le secteur de la viande.
Le commissaire a l’Agriculture Dacian Ciolos a defendu le choix de l’executif europeen, qui correspond a “l’interet economique de l’UE”.
De fait, selon un haut fonctionnaire europeen, ce dossier “est de loin le projet d’accord commercial le plus important de l’UE en Amerique latine”. Qui plus est, le Mercosur “est un bloc relativement protege, avec des tarifs douaniers eleves, qui n’a aucun accord commercial preferentiel avec d’autres partenaires”.
Le probleme est effectivement qu’il compte “parmi les producteurs agricoles les plus competitifs de la planete, specialises dans les memes produits que l’UE”, reconnait ce haut fonctionnaire.
En revanche, il representerait des debouches importants pour le secteur automobile europeen, les pieces detachees, les produits chimiques, fait-on valoir a la Commission.
En tout etat de cause, Dacian Ciolos a promis de se montrer “tres vigilant” sur l’impact economique et social sur les filieres agricoles europeennes d’un eventuel accord.
“Si consequences il y a, il faudra etre presents pour aider et soutenir” les filieres concernees, a promis le commissaire Ciolos.

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Postat de pe data de 18 mai, 2010 in categoria România în lume. Poti urmari comentariile acestui articol prin RSS 2.0. Acest articol a fost vizualizat de 596 ori.

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